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             un plan d'essai de vigne génétiquement modifiée à Colmar, en Sept 2005 (Vincent Kessler/Reuters)
un plan d´essai de vigne génétiquement modifiée á Colmar, en Sept 2005 (Vincent Kessler/Reuters)
 

Les Vignes génétiquement modifiées

Connaissant notre pays, il y a peu de chances que l'on accepte un jour d´associer l'image du vin à celle des OGM. Pourquoi dès lors, avoir engagé un million d´euros de recherche publique sur une vigne transgénique ? Et pourquoi le gouvernement s´expose-t-il tant après le saccage de plants d'essai près de Colmar ?
L´Institut national de la recherche agronomique (Inra) a investi plus d'un million d´euros pour des recherches sur un porte-greffe transgénique de vigne, susceptible de permettre aux vignobles de lutter contre la maladie du court-noué.
Après l´opération de fauchage volontaire du 15 aout, Bruno Le Maire, ministre de l´Agriculture et Valérie Pécresse, sa collègue de la Recherche, viennent, ce mardi, se recueillir sur les 70 plants de vignes cultivés par l´Inra à Colmar .
Le motif de la visite ministérielle, dument annoncée dans la presse, tient à la défense de la recherche scientifique, laquelle aurait été mise à mal par les anti-OGM. En réalité, les choses sont un peu plus compliquées et ce sont la légalité et l'intéret de ces cultures qui sont à interroger.

De gros doutes sur la légalité de cette culture

Tout d´abord, la légalité de cet « essai en plein champ » de plants transgéniques de vigne n´est pas assurée. En effet, une première autorisation de mise en culture délivrée par le ministre de l´Agriculture pour la période 2005-2009 a été annulée par le tribunal administratif de Strasbourg, à la suite d´un recours de France Nature Environnement.
Coup dur pour les promoteurs de cet essai qui se prévalent sans cesse de son caractère démocratique et transparent : le juge avait en effet relevé un manque de transparence de l´opération dés l´instant ou l'autorisation ne prévoyait pas la transmission périodique à l´administration d'un rapport sur les résultats de la dissémination après l´achèvement de celle-ci.
A la suite de ce jugement, plutot que de remettre tout le dossier à plat, l'Inra a préféré faire appel et le ministère de l´Agriculture lui a délivré derechef une nouvelle autorisation.
Pourtant, le droit français n'est pas encore tout à fait compatible avec le droit de l´Union européenne, s´agissant notamment des conditions d´accès à l´information en matière d'OGM. Le Conseil d´Etat avait d´ailleurs enjoint le gouvernement de faire voter de nouvelles dispositions législatives sur ce point, avant le 30 juin 2010... sans effet jusqu´à présent.

Qu´en pensent les viticulteurs ?

Mais c´est surtout l'intéret de cette « recherche » de l´Inra qui mérite attention. Marion Guillou, sa présidente, a-t-elle raison de déclarer :

« Les faucheurs d'OGM ont handicapé la capacité d'expertise de la recherche publique » ?

Rien n´est moins sur. Si l´Inra a organisé une concertation préalable à son essai et si un comité local de suivi a été mis en place, c´est davantage l´intéret meme de cette recherche que ses modalités qui devrait etre discuté.
Plusieurs questions auraient ainsi pu etre débattues, à commencer par celle-ci : qu´en pensent les viticulteurs ? A l´heure actuelle, les représentants de la profession agricole n'ont pas publiquement exprimé le souhait de développer des OGM dans leurs parcelles.
L'Inra pense-t-elle vraiment qu´il se trouvera des producteurs pour prendre un tel risque commercial avec l´image meme d'un produit phare ? Difficile à concevoir.

Quelles priorités pour la recherche publique ?

Au contraire, des recherches sur des solutions alternatives aux OGM pour mettre un mal à un symptome de l´agriculture intensive n´auraient-elles pas été possibles ? Au sein du groupe OGM qui s´était réuni lors du Grenelle de l´environnement, il avait été décidé d´étudier, non pas seulement les risques des OGM, mais également leur intéret.
La mise en place du Haut conseil des biotechnologies (HCB) est une réponse à cette préoccupation. Sa composition élargie devait permettre de discuter et des risques et de l'intéret des OGM. Or, dans le cas présent, le Haut conseil des biotechnologies a certes volé au secours de l´Inra en condamnant le fauchage des plants, mais il n'est pas certain qu´il ne soit pas sorti ainsi de ses attributions, comme l´ont souligné les communiqués des ONG qui y siègent. Le HCB n'a en effet pas vocation à peser sur mais à éclairer la décision publique.
En clair, cette affaire de vignes OGM soulève le problème des choix de recherche publique et la question reste donc entière : est-il donc prioritaire de consacrer les maigres moyens de la recherche publique aux vignes transgéniques ?


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